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Dans « Psychologie du groupe et analyse de l'ego » , Freud définit le concept de « lien primitif » comme un type d'identification où la distinction entre le moi et l'objet n'était pas encore fermement établie. L'« identification » était alors perçue comme le processus par lequel l'individu était constitué. C'est un processus inconscient qui a lieu dans le fantasme. Dans les premiers modes d'identification, les processus mentaux sont ressentis dans les termes physiologiques comme ingérer ou dévorer. Déjà dans son travail « Deuil et Mélancolie » , Freud parle du rôle d'incorporation par lequel l'individu s'identifierait dans le mode oral avec l'objet perdu ; la constitution du monde intérieur se fait par des identifications. Le concept d'« un type primitif d'identification » est devenu pertinent dans ses discussions de la sexualité féminine puisqu'il pose comme postulat l'attachement primitif de la petite fille à la mère.
Dans son travail « Sur la sexualité féminine » (1931) Freud explique que la peur de la petite fille est de se faire dévorer par sa mère. L'importance de la relation « préœdipienne » avec la mère a été explorée de façon plus détaillée depuis Freud. Le caractère puissant de l'imago primitive maternelle est ressenti par les enfants des deux sexes.
Une des imagos présente dans les premières relations est celle de la mère phallique. Dans ses écrits sur la perversion, Freud souligne que le jeune garçon formule le fantasme d'une mère dotée d'un pénis afin de faire face à sa peur de la castration (1927, 1940). Stoller (1975), Greenacre (1968) et Glasser (1979) ont plus tard également mis l'accent sur l'importance de ce fantasme. Il y a plusieurs images qui expriment dans une analyse le fantasme de la mère phallique ou d'un couple primitif combiné, comme des vampires, des requins, des piranhas ou des loups-garous.