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Joseph Breuer, un jour, rend visite à sa patiente Anna O. et la trouve en pleine confusion mentale, se tordant dans des crampes abdominales. Elle lui dit : « C'est l'enfant que j'ai du docteur Breuer qui arrive. » Il aurait alors pris la fuite, emmenant son épouse à Venise, et lui aurait fait un enfant. Freud, trente ans plus tard, en 1932, après la mort de sa mère, écrit à Stefan Zweig : « Breuer avait à ce moment-là en main la clé qui nous aurait ouvert “les portes des mères”, mais il l'a laissé tomber. »1 Allusion au Méphisto de Goethe qui remet à Faust la clé des mères, ces mères détentrices du savoir, du « savoir inconscient » pour Freud.
Les portes des mères, ce sont aussi les portes du féminin. L'origine du monde de Courbet ne permet pas de l'oublier. À Olympia, la non moins scandaleuse, Manet a orné son poignet du bracelet de sa propre mère avec un médaillon contenant une mèche de ses cheveux d'enfant.
Matrem nudam…
La mère dans la femme, la femme dans la mère, c'est cette interpénétration qui pose problème à l'enfant, comme au couple, et depuis toujours à l'ordre politique, social et religieux. Ce qui touche à la puissance de procréation des femmes, et tout autant à leur capacité érotique.
La porte du sexe de la femme, vulve plutôt que vagin, est objet d'attraction, de terreur ou d'horreur. C'est celle du diable pour les inquisiteurs, celle qui met le feu au théâtre de l'hystérique, celle du transfert érotomaniaque, mais aussi celle de l'amour de transfert, dont l'élaboration processuelle peut mener