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Le trajet de la haine et de la destructivité dans la psychothérapie, en face à face, d'une femme enceinte me permettra, au travers des vicissitudes de son accouchement, de son difficile post-partum et de la violence de son devenir mère, d'illustrer la force de la charge pulsionnelle réveillée par la « conjonction du maternel et de la maternité », et de ses transformations possibles dans la cure.
Mme X. est une jeune femme enceinte dont l'anxiété importante est très diffuse, je la reçois à deux reprises avant un été. Elle vient me voir sur les conseils de son ancien analyste avec qui elle a fait une psychothérapie psychanalytique ; enceinte, elle est retournée le consulter et il me l'adresse.
Je devine un scénario œdipien complexe déplacé sur cet analyste et suis extrêmement surprise que la patiente ne semble faire aucun lien entre ce qu'elle a dû travailler en psychothérapie et ce qu'elle évoque de son intense amour pour son père, de ses difficultés de séparation d'avec sa mère et de sa si grande anxiété à être enceinte et à devenir mère. Si bien que je me demande d'une part ce qu'elle a introjecté de ce travail analytique et d'autre part l'effet du/ des refoulement(s) à l'œuvre liés à son état de grossesse. Nous sommes avant l'été, nous convenons que je la reverrai après son accouchement compte tenu de l'imminence des vacances et de l'arrivée du bébé prévue pour la rentrée.