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« Aussi voudrais-je être mère, ne fût-ce que pour donner une pâture à la dévorante activité de mon âme […]. La maternité est une entreprise à laquelle j'ai ouvert un crédit énorme […]. Elle est chargée de déployer mon énergie, et d'agrandir mon cœur et de me dédommager par des joies illimitées […]. Dévouement ! N'es-tu pas plus que l'amour ? N'es-tu pas la volupté la plus profonde ? […] Le dévouement, seul dans son secret, plein de plaisirs savourés en silence, sur lesquels personne ne jette un œil profane et que personne ne soupçonne… »
Si tout se passe bien, les débuts de la vie du petit d'homme sont, selon Winnicott, silencieux. Qu'elles soient de sources pulsionnelles ou exogènes, les vacarmes témoignent, à ces moments précoces du développement, d'une seule chose : l'empiétement du monde de l'être en voie de construction2. Autrement, l'édification du sentiment de continuité d'existence est assurée par ce que l'auteur de Jeu et réalité appelle l'expérience précoce d'illusion ou d'omnipotence. Cela ne signifie pas néanmoins que le nourrisson commencerait par vivre comme une monade autosuffisante ou comme une entité pulsionnelle solipsiste. Son affirmation lapidaire - cette chose que l'on appelle le bébé n'existe pas - souligne, tout au contraire, la dépendance absolue du