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Freud avait été très réticent quant à admettre l'existence d'un « sentiment océanique » comme cela lui avait été suggéré par Romain Rolland : il s'était caché derrière sa difficulté à concevoir une expérience extatique, tout aussi étrange pour lui que le sentiment religieux : « Je ne puis découvrir en moi ce “sentiment océanique” » écrit-il (Freud, 1929, p. 250). Pourtant, les opinions de Rolland lui avaient causé de « sérieuses difficultés » à tel point qu'il lui écrivit que la question du sentiment océanique ne lui avait « point laissé de repos » et que, dans Malaise, il aurait tenté de l'« interpréter dans le sens de notre psychologie » (lettre du 14 juillet 1929). Autrement dit, en contournant le problème qu'il pose à la psychanalyse, qui pourrait le comprendre et le contenir seulement si la théorie réussissait à couvrir entièrement les champs de l'inconscient : une tâche impossible donc, qui, pour être réalisée, nécessiterait une théorie qui ne connaisse pas de limites. Freud finira aussi par admettre l'existence d'un sentiment de lien indissoluble, d'étroite appartenance au monde extérieur dans son ensemble, mais en le considérant néanmoins comme un principe inutilisable par la théorie psychanalytique. Le sentiment océanique représenterait, en effet, à la fois l'expérience d'inclusion dans le tout, une forme de lien primordial pourrait-on dire, et de dissolution dans le tout, et cela justifierait le rapprochement non seulement avec le maternel, mais aussi avec le négatif en tant que dissolution des liens individuels, propre à la pulsion de mort.
Néanmoins, l'interrogation de Freudpar rapport à l'existence du sentiment océanique, à bien y regarder, ne trouve sa résolution qu'en niant sa « nature primaire », et en faisant appel au fait qu'il présente, pour lui, le caractère d'une intuition intellectuelle, non privée de résonance émotive. Affirmation