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L'arrière-pays est le titre d'un petit essai d'Yves Bonnefoy consacré au fond des tableaux du Quattrocento. Il m'a semblé que cette expression convenait assez bien pour tenter d'appréhender ce que la trace du maternel est pour la psyché, chez la plupart des êtres humains.
On peut affirmer que la qualité de la trace maternelle est inversement proportionnelle à l'implantation de l'objet dans la psyché, telle qu'on la rencontre dans les identifications sans investissement, les masses à deux et les incorporations mélancoliques, dans lesquels « la qualité proprement psychique » (Freud, Abrégé) n'a pas pu se développer, et où la prématurité de l'objet a joué à l'encontre de l'aperception autoérotique. Aussi pourrait-on dire que le « maternel » désigne une trace sans objet identifiable constitutive de la psyché qui « n'en sait rien » : « L'amour efface son nom » (Célan).
L'action invisible du maternel participe à la construction de diverses fonctions.
I/ Le jugement, dont l'absence intrapsychique explique aussi la compulsion de répétition, est l'aboutissement du travail de la négation dans la structure relationnelle primitive : la possibilité de la dualité pulsionnelle dans la relation au maternel (fort/da) induit la possibilité du contradictoire, et donc de la polysémie, de la représentation. L'ambiguïté du maternel trophique constitue le fondement du jeu comme du processus hallucinatoire, et contraste avec les cliniques dans lesquelles l'univocité est de rigueur sous le joug d'une culpabilité primaire écrasante. Cette univocité détruit le sens et les significations resteront prisonnières de schèmes fixes et répétitifs, asexués en quelque sorte. Sans doute est-ce là ce que Goethe désignait lorsqu'il