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Les aspects empiriques de la fonction maternelle dont on trouve l'expression dans la littérature analytique telle que contenant, matrice encadrante, pare-angoisse, pare-désinvestissement, apaisement, suggèrent que nous appréhendons la réalité maternelle dans ce qu'elle fait. Ainsi, l'action spécifique de la mère se résumerait-elle à répondre aux besoins et désirs de l'infans. La réflexion thérapeutique abonde dans ce sens. Le discours sur la mère porte davantage sur l'objet maternel que sur le sujet. Mais lorsque l'on tente de définir ce qu'elle est, on aboutit à de l'irreprésentable. Cela ne nous permet pas d'affirmer que la mère n'est pas, mais plutôt que nous n'arrivons pas à la penser en dehors de son utilité dans la psychisation de l'infans. Quel est l'obstacle ? À ce propos pourquoi la clinique, avec ses présupposés métapsychologiques, ne nous éclaire pas davantage ? L'obstacle aurait-il quelque chose à voir avec le refoulement originaire ?
Dans cette perspective, l'influence de Freud n'est pas anodine. « Ne pas aller au-delà de ce qui est dit, ne pas viser le tout et la synthèse, ne pas se perdre dans la “bouillie originaire” (mystique ou naturelle) mais s'en tenir au mouvement de séparation, de différenciation et d'organisation : cela s'appelle privilégier non l'origine unique mais l'une des sources […], celle qui en différenciant organise : le père. »1 L'intérêt de la décision théorique de Freud réside dans les effets sur la pensée de certains analystes pour qui le personnage d'origine, la mère, est devenu l'irreprésentable.