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Je me garderai bien d'expliquer les religions à partir du psychique. Les religions instituées sont des objets de culture très complexes. Elles comportent, notamment, une organisation, un système de pensée, des rituels et des mythes fondateurs. Tout cela appartient à l'histoire et aux sociétés. Même les formes les plus « psychologiques » de la dévotion ou de la foi sont codifiées socialement, et ne peuvent être dérivées du seul psychisme.
Je m'interrogerai donc sur ce à quoi la psychanalyse peut prétendre apporter quelque lumière, c'est-à-dire à la religiosité ou sentiment religieux, qui ne s'inscrit pas forcément dans le cadre d'une religion instituée. On peut être religieux, ou l'être à certains moments de sa vie psychique, sans pour autant se rapporter à une religion existante.
Le sentiment religieux met l'homme en relation avec une puissance supérieure à laquelle il adresse prière ou offrandes, à laquelle il demande protection.
Pour Freud, c'est principalement dans la constitution d'un surmoi et le sentiment de culpabilité qu'il faut rechercher l'origine du sentiment religieux. Dans Totem et Tabou, comme dans L'avenir d'une illusion, Freud met en relation le sentiment de culpabilité œdipien avec la représentation d'un être surpuissant, figure idéalisée du père mort. Cette figure représente la Loi qui interdit parricide et inceste, et le meurtre du Père engendre la culpabilité et