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D'où venons-nous ? D'une femme bien sûr… mais cette femme d'où venait-elle ? Et l'homme qui l'a fécondée ? Mythes et Genèse, telles des théories sexuelles infantiles multiples et inventives, nous montrent l'élaboration humaine adulte archaïque tout autant multiple et inventive, autour de l'origine, mais, il faut le remarquer, presque toujours androcentrique.
De 1905 à 1910, Freud va mettre en évidence que la pulsion sexuelle est présente chez les enfants ; que l'intérêt intellectuel de l'enfant pour les énigmes de la vie sexuelle, sa soif de savoir sexuel se manifestent à un âge étonnamment précoce ; et que « la question la plus brûlante de la jeune humanité » est « d'où viennent les enfants » ?
Dans les « théories sexuelles des enfants », il va reprendre ce thème : « La connaissance des théories sexuelles infantiles, des formes qu'elles prennent dans la pensée des enfants, peut être intéressante […], aussi pour la compréhension des mythes et des contes. Mais elle est proprement indispensable pour la conception des névroses elles-mêmes. »
Les théories de l'origine semblent liées aux fantasmes originaires, à la scène primitive, et au départ, au chaos. Jean-Pierre Vernant décrit chez les Grecs une pensée mythique avec toute l'imagerie dramatique des théogonies et cosmogonies, les grandes figures des puissances primordiales et les agents surnaturels dont les aventures, les luttes, les exploits forment la trame des mythes de genèse racontant l'émergence du monde, puis l'institution de l'ordre, notamment par Zeus. L'avènement de la philosophie marque le déclin de la pensée mythique et les débuts d'un savoir de type rationnel. Cette évolution évoque la mise en latence des théories infantiles et l'entrée dans l'acquisition du savoir. Mais que se passe-t-il entre les deux ?