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Je partirai des réflexions que Liliane Abensour propose dans son rapport1 pour discuter quelques aspects de la fonction de la langue maternelle au cours d'un traitement analytique chez une patiente apparemment bilingue.
Liliane Abensour, dans son rapport, et en particulier dans les séquences cliniques qui le nourrissent, approfondit la réflexion autour du féminin et du maternel, sans mésestimer l'impact de la fonction paternelle et ses éventuels dysfonctionnements. Elle revient à plusieurs reprises sur l'importance et la difficulté d'élaboration d'un fantasme de scène primitive chez sa patiente.
Dans un premier temps, sa patiente Virginie exprime, par ses silences en séance, l'« ombre du maternel », l'imago d'une mère qu'elle décrit comme une sainte, une « icône intouchable ». Et au premier plan, elle pose la « bruyante violence paternelle ». Ainsi le récit de la patiente passe de la description de la sidération vécue au cours des scènes de violence agies par le père à la découverte de sa propre haine tenace, froide et profonde à l'égard du personnage maternel. Liliane Abensour remarque que cette rage dirigée vers la mère se répand à toutes les femmes, en général, et à l'analyste, en particulier. Une rage que Virginie exprime plus ouvertement après un moment de « changement » dans le traitement lorsqu'elle affirme « se sentir plus gaie ».
C'est ainsi que, au fil des séances, Virginie évoque son ressenti de haine vis-à-vis de la mère, qu'elle appelle « barbarie maternelle ». Cette expression, « barbarie maternelle », créée par la patiente, condense, à mon avis, également