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La sexualité au sens freudien est aux fondements de la psyché, dès les premiers tissages et différenciations besoin-désir, plaisir-déplaisir, moi-objet. Elle est là où l'érotisme, né du corps-à-corps sensuel et tendre avec l'autre séducteur de la pulsion, rencontre les « premières coupures » introduites par la sexualité des parents, la sexuation identifiante et son cortège de pertes et d'interdits. La réalité du corps et la réalité psychique portent les mouvements de désexualisation et re-sexualisation que la capacité orgastique de l'adolescence porte à leur acmé. La culture organise et conflictualise les modalités de la satisfaction libidinale avec l'autre alors que la libido cherche la jouissance immédiate, « animale », dans le polymorphisme du plaisir infantile. Faire l'amour, mêler la découverte de l'autre et la jouissance par le coït, dans le langage intime des corps et de leurs organes sexuels, est le champ de prédilection où les souffrances névrotiques, traumatiques ou identitaires s'engouffrent et s'expriment, tels des trouble-fête ou tel un cauchemar, celui du sexe.
Fin XIXe et début du XXe siècle, les psychanalystes, afin de combattre l'impuissance dite psychique (psychogène) de l'homme ainsi que la frigidité qui semblait concerner la grande majorité des femmes, prônèrent, au-delà de l'approche individuelle de la cure, la libéralisation de la sexualité dans l'éducation et la société. Selon Freud, en 1912, ces troubles de la fonction sexuelle constituaient le motif manifeste le plus fréquent de consultation auprès d'un psychanalyste; cela ne paraît plus être le cas aujourd'hui.
En 1968, quand tabous et interdits semblèrent ne plus résister devant l'exigence d'une jouissance sans entraves, l'apparition conjointe de la contraception et les progrès de la médecine dans les soins des MST permirent l'espoir