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En 2008, Giuseppe Civitarese, brillant représentant de la jeune génération des psychanalystes italiens, a publié un recueil d'essais où il approfondit divers concepts sous l'angle de la théorie du « champ » analytique bipersonnel. Cet ouvrage vient d'être publié cette année par Routledge, en association avec l'Institut de psychanalyse de Londres.
Dès son titre original, L'intima stanza, l'auteur nous plonge à la fois dans l'espace-temps de la cure et dans une vision interne qui se rapporte autant au rêve qu'au transfert. « L'intima stanza », expression empruntée à saint Jean de la Croix, condense l'expérience poétique des relations inter- et intrapsychiques. Il s'agit de la relation entre le moi et le méta-moi dont parle J. Bleger, un des auteurs auxquels G. Civitarese fait abondamment référence.
G. Civitarese est un auteur érudit, exigeant, plein d'esprit, ayant une lecture très personnelle de Bion. Ses exemples cliniques permettent de donner chair aux conceptualisations théoriques issues du vaste champ de ses recherches, qu'il s'agisse de théorie analytique ou d'approches philosophiques et sémiologiques. Sa curiosité nous entraîne vers divers courants psychanalytiques sans qu'il renonce toutefois à la théorie psychanalytique classique. Il se montre lecteur assidu et respectueux de l'œuvre freudienne, dont il souligne la pertinence toujours actuelle. Par exemple, dans le chapitre sur le Nachträglichkeit, il rappelle l'évidence pour Freud d'un modèle constructiviste de la connaissance et il y associe les hypothèses de G. Edelman, chercheur en neurosciences, et celles du philosophe J. Derrida. Sa reprise de la conceptualisation classique de Freud sur l'après-coup est étonnante de clarté.