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C'est à une véritable construction que cet ouvrage nous convie, construction infiltrée d'emblée par la nécessité pour l'auteur de se laisser prendre par des penseurs d'autres disciplines qu'il métabolise pour notre plus grand plaisir. D'ailleurs, et d'emblée, J. Press nous introduit à sa pensée par un ouvrage de G. Didi-Hubermann concernant la figure d'Aby Warbug : délirer ou construire comme une question qui s'enracine dans l'idée du passé qui infiltre le présent et dans la persistance d'une forme plus que son contenu ? Nous allons ainsi découvrir un univers dynamique borné par la dimension individuelle intriquée à la dimension scientifique de recherche d'où une interrelation permanente entre le mouvement théorisant et l'observation clinique.
À partir des derniers travaux freudiens et en particulier L'Homme Moïse et la religion monothéiste, l'auteur construit un dialogue intérieur poursuivi au-delà de la mort entre S. Freud et S. Ferenczi puis il envisage l'été 1937 comme un creuset quant à l'activité de construction et la perlaboration des enjeux de la passivité. Cette élaboration le conduit à proposer, à partir d'un travail sur la notion de régression incluant la pensée de D.W. Winnicott, « une fiction théorique personnelle » concernant la construction de la théorie en psychosomatique et le travail du contre-transfert à partir de « la présence sensible de l'analyste ».
La première partie concerne l'espace de la construction. À partir d'une vignette clinique où J. Press nous montre comment faire advenir un espace pour une copensée issue de la transformation d'un noyau central constitué d'une non-rencontre. Un sens prend forme au sein d'une triade unissant un élément actuel extérieur, un élément de l'histoire infantile et un élément transférentiel. Autrement dit, l'activité de construction consiste à transformer un collapsus en un espace de pensée. Ainsi, l'ouvrage de S. Freud sur Moïse, mis