You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
À l'heure d'écrire cette recension, nous apprenons avec beaucoup de tristesse le décès récent de Liliane Abensour, cofondatrice avec Antoine Nastasi en 2001 de cette revue qu'elle dirigea seule ensuite à partir de 2009. Très vite, cette parution annuelle est devenue une référence incontournable quant à l'approche psychanalytique des psychoses, que Liliane Abensour décrivait comme « modes d'être à soi, au monde et à la pensée qui, dans l'espace transféro-transférentiel, restent encore à circonscrire, à découvrir ». Son refus du dogmatisme, sa recherche de formes nouvelles d'écoute et d'intervention, son exceptionnelle créativité auront marqué non seulement ces 11 volumes, mais aussi le douzième, à paraître, intitulé L'Effondrement, dont elle a pu également s'occuper avant de disparaître. Dans son introduction à ce numéro 11, intitulée « Se sentir dans son être », on retrouve son remarquable esprit de synthèse qui articule avec aisance les grands courants de pensée concernant la problématique identitaire dans les psychoses, en particulier les précieux apports d'Évelyne Kestemberg, avec les contributions des auteurs du volume.
Parmi celles-ci, nous parlerons d'abord des articles les plus théoriques.
Le premier d'entre eux est de Michel de M'Uzan, « Problématique identitaire et psychose », dans lequel l'auteur reprend certains aspects importants de ses travaux antérieurs concernant l'opposition entre « d'une part, le modèle de la psychose qui s'origine dans le vital-identital et, d'autre part, celui qui s'origine dans le sexual et procède d'un drame psycho-sexuel - tragédie d'un côté, drame de l'autre ». Dans le premier modèle, que l'auteur appelle « psychoses actuelles », non délirantes, « reviennent, lancinants, les termes […] de morcellement, d'éclatement, de fissure, de clivage, en parallèle avec une mentalisation