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Dans « La pénultième interprétation » (p. 1043-1054), Yair Neuman (Beer-Sheva, Israël) se penche sur le problème de l'interprétation en tant qu'elle est aussi impossible qu'indispensable. L'interprétation de l'inconscient est impossible car celui-ci est fait de la condensation d'un nombre infini de dimensions telles que le passage aux mots de l'interprétation le fige, le réifie et le dessèche nécessairement. L'interprétation est néanmoins le seul langage dont nous disposons pour rendre conscient (ou relativement conscient) l'inconscient et pour devenir sujets de nous-mêmes. « O » est un des concepts les plus mystérieux de Bion; ce dernier insiste sur la multidimensionnalité de l'inconscient et de l'expérience ultime du « O », ressenti, vécu et non dit. Si l'on prend par exemple, l'idée d'une qualité sensorielle (un vin), on pourra le « classer » en trois dimensions projetables sur un graphe en trois dimensions (hauteur, largeur et profondeur qui représenteront ses « intérêts », « douceur » et « arôme »). Ce faisant, on définira un langage sur le vin, qui permettra de communiquer à son propos, mais on écrasera le ressenti unique de sa dégustation ou le nombre infini de qualificatifs que l'on peut lui apposer. Et l'on ne saurait se contenter ici de l'idée qu'il ne s'agit ici que d'une métaphore; la géométrie imprègne notre langage analytique (cf. les notions de subconscient, profondeur, clivage, condensation, déplacement, surmoi…), et elle est probablement une des bases mêmes de notre pensée, référée en premier lieu à une spatialité ressentie (« savoir », c'est « voir »). Lorsque le nombre de dimensions se multiplie, la possibilité