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Idéal, Déception, Fictions titre, pour l'année 2011, la cinquième livraison de l'Annuel de l'APF. Ses lecteurs reconnaîtront ce qui devient, pour cette revue, une tradition : le mariage de plusieurs notions pour mieux faire ressortir la force de chacune. C'est à l'aune de l'idéal - idéal du moi, moi idéal - que s'expérimente la déception, et l'argumentaire présente un mariage idyllique de ces deux premières notions. Ainsi, la différence des sexes, l'attente de complétude, la menace de castration, le recours hallucinatoire sont présentés comme autant d'indices d'une déception, virtuellement salutaire, au service contrapontique d'un idéal du moi et d'un moi idéal dont nul ne pourra jamais se prétendre affranchi. Il convient alors à chacune des contributions de ce numéro de nous mettre à l'épreuve de la désillusion : le mariage est tout sauf paisible. Une troisième notion - « fictions » - nous donnera des armes sur le chemin de cette désillusion.
La revue, respectant là aussi une tradition, se répartit selon trois rubriques. La première présente trois conférences données en janvier 2010 dans le cadre des journées ouvertes des « Entretiens de psychanalyse de l'APF » sur le thème fédérateur « Idéal et déception ». La deuxième, « Travaux », se consacre à la notion de « fictions ». La troisième, « Documents », publie un texte classique - ici la traduction d'un article de D.P. Spence tiré du Journal of the American Psychoanalytic Association en 1986 : « Quand l'interprétation se fait mascarade explicative. »
Voici comment nous organiserons la visite de l'ensemble de cette revue. Une présentation de l'article de Spence nous permettra de poser le problème sous son plus grand angle : quel statut épistémologique connaît le travail interprétatif de l'analyste au moment où il le soumet à l'écriture, donc à lecture d'un