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Le projet initial du colloque était, en partant de l'association libre, de préciser les enjeux du « S'entendre parler », mais son exploration préliminaire nous a conduits, entre la perspective du surplomb et l'ancrage dans le sensoriel, à la question générale de la réflexivité. Pour interroger le sens qu'elle peut avoir en psychanalyse, il faut clairement distinguer ce qui fait son lien quasi ontologique avec le sujet de la conscience réflexive, et le sens surtout épistémologique qu'elle a pris dans le champ des sciences. On trouverait les prémisses de cette orientation dans la boutade d'Auguste Comte, ironisant sur une psychologie de la conscience où le sujet pourrait se mettre à la fenêtre pour se voir passer dans la rue : formulation suggestive pour un psychanalyste disposant, lui, du recours aux processus primaires ! Pour un ethnologue, la réflexivité désigne, par exemple, l'opération par laquelle le chercheur fait retour, après coup, sur les résultats de son enquête de terrain pour tenter d'y saisir l'incidence de ses propres et diverses implications. Une telle démarche peut bien évoquer, pour l'analyste, l'écoute de son contre-transfert ou l'incidence de sa théorie, mais il se demandera ce que cette référence peut apporter à la méthode analytique, dès lors que le retour en question doit se faire à chaud, et rencontre l'enjeu de l'inconscient. L'existence du système inconscient suffit-elle à expliquer l'absence, parmi les concepts freudiens, de celui de réflexivité ? Une ambiguïté naît de ce que la méthode analytique, attachée avant tout au dégagement des processus inconscients, a lié les moyens et la fin, en faisant du devenir conscient le vecteur privilégié de son action, en même temps que l'indice le plus sûr de son