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Je me demande ce que les lecteurs américains ont pensé du texte de Melitta Schmideberg, « Après l'analyse… », lors de sa première publication dans The Psychoanalytic Quarterly, en 1938. Peut-être y ont-ils vu une description judicieuse des attentes un peu irréalistes tant des analystes que des patients eu égard aux bénéfices de la psychanalyse. En 1938, les lecteurs britanniques, en particulier psychanalystes, l'ont perçu très différemment. Observant les querelles au sein de leur société psychanalytique naguère paisible, ils y ont reconnu une version très édulcorée d'une attaque violente de Melitta contre sa mère, Melanie Klein.
Dans une lettre à James Stratchey, Joan Riviere, une amie proche de Klein, décrit sa propre réaction à la première présentation que Melitta fait de son texte, « Après l'analyse - Quelques phantasmes de patients », à la Société britannique de psychanalyse, en février 1937 : « Mercredi, Melitta a lu un papier vraiment choquant, attaquant “Mme Klein et ses partisans” personnellement et disant tout simplement que nous étions tous de mauvais analystes - indescriptible » (Grosskurth, 1986, p. 229 [1990, p. 302]).
Dans son article, Melitta décrit comment les patients se font parfois des idées irréalistes de l'analyse, mais suggère également que certains analystes encouragent une telle idéalisation. « Dans cette surévaluation de l'analyse, le patient répète souvent son attitude envers la religion », dit-elle