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Trois textes de ce numéro s'attachent à la question des liens entre psychanalyse, recherche et université, signés par Kernberg, Wallerstein, et Sonnenberg. Chacun de ces auteurs a des dizaines d'années de réflexion derrière lui sur ce sujet (une soixantaine pour Wallerstein !). Bien que ces articles concernent avant tout les États-Unis, ils font mention de ce qui se passe dans d'autres pays et leur propos peut aussi être élargi à d'autres lieux.
Kernberg (New York, p. 609-622) intitule son article « La psychanalyse et l'université : une relation difficile ». Pour lui, la psychanalyse, certes, innove, mais elle le fait d'une façon trop coupée de l'université et elle pâtit de son manque d'intérêt chronique pour la recherche, ce qui l'isole d'autres champs du savoir (neurobiologie, sciences humaines en particulier). Au lieu de profiter de leurs apports possibles, elle y risque rien de moins, selon Kernberg, que son avenir à la fois en tant que branche scientifique et que métier tout court. Celui-ci fait tout d'abord un point sur la perte d'influence d'une psychanalyse qui a cédé le pas, dans le monde médical et psychiatrique, à d'autres techniques, ou bien qui est pratiquée sous forme de psychothérapies dérivées qui se sont scindées de l'analyse à proprement parler. Le mouvement psychanalytique connaît un paradoxe : c'est au sein même des instituts et des sociétés que la recherche est officiellement citée comme un « plus » qui devrait se développer, mais c'est aussi là qu'elle est mise à l'écart par une réaction frileuse de rejet de tout ce qui est nouveau et qui pourrait sembler menacer la tradition transmise.