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Auteur de nombreux articles et essais42, Francesco Conrotto aime les défis. Avec l'érudition et la virtuosité théorique qu'on lui connaît, il s'attaque, en effet, à une entreprise rendue périlleuse par une série de paradoxes. Celui, d'abord, du choix de son sujet, la théorie de la connaissance, à un moment où les philosophes semblent se désintéresser de la question. Celui, ensuite, qu'introduisent les rapports pour le moins ambivalents entre philosophie et psychanalyse : Freud lui-même affirmait tantôt sa méfiance vis-à-vis des « circonvolutions philosophiques » (lettre à Eintingon, datée du 28 avril 1928) qui cachent toujours, selon lui, un problème psychologique - quand il ne considérait pas, comme dans les Nouvelles conférences de 1932, que l'effort de philosopher révèle un désir narcissique d'arriver à une connaissance totalisante - mais n'hésitait pas à avancer que la psychanalyse était « une philosophie très sérieuse ». Quel est le rapport qui peut alors s'instituer entre ces deux disciplines, pour éviter, comme le signale Maurizio Balsamo dans sa brillante préface, que la psychanalyse devienne une vision du monde, « un savoir fermé et incapable de se remettre en question », sans ignorer, en même temps, qu'elle possède néanmoins « un ensemble de valeurs, d'aspirations, de points de vue, de modèles de la connaissance, d'idéaux » ? Celui, enfin, de la particularité même de la psychanalyse, science dont l'objet, l'inconscient, est impossible à observer directement.
Comment envisager une théorie de la connaissance, alors que le registre de l'autoconservation - lié à la connaissance de la réalité externe, qui, comme