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Renouer avec l’éditorial en ouverture de la Rfp ? Peut-être parce que l’éditorial est un espace de liberté où nous aurons à cœur d'exprimer notre point de vue. Cet éditorial pourrait adopter la devise de la Comédie-Française : simul et singulis. Être ensemble et être soi-même. C'est cette dualité et cette tension qui font la spécificité de la Rfp.
Simul et singulis car ce numéro est le fruit du travail de deux équipes, celle de Denys Ribas qui transmet le flambeau en tant que directeur de la Revue française de psychanalyse à Françoise Coblence et une nouvelle équipe. Il s'inscrit donc à la fois dans la transmission et l’évolution.
Simul et singulis encore car la Rfp, organe de la SPP, a cette prérogative de faire entendre sa propre voix, celle de son comité de rédaction, de son histoire, mais aussi de son époque.
En témoigne le thème de ce numéro consacré à « L’Argent ». Les psychanalystes qui interviennent ici ont pour point commun de questionner : cure, argent et gratuité, paiement des séances manquées, argent du patient, argent de l'analyste, analyse sans argent… Comment inscrire ce travail dans une temporalité ? Nous avons eu en tête les débuts de la Rfp. Dès son premier numéro, en 1927, elle revendique sa place dans la cité. Son éditorial énonce : « Il nous semble qu’à l'heure qu'il est, toute une série de disciplines – parmi lesquelles nous citerons seulement la psychiatrie, la pédagogie, la sociologie, la criminologie, voire la critique artistique – ont intérêt à se tenir au courant des études psychanalytiques. » Il nous semble, en 2013, que cette idée est toujours vraie, mais que sa réciproque le serait tout autant. Forts de cette vision que la psychanalyse doit être confrontée à d'autres approches, nous avons souhaité illustrer ce thème de l'argent sous un éclairage particulier : celui de Marx d'abord, qui fait figure, comme Freud, de débusqueur d'illusions et dénonce, dès 1884, la « magie de l'argent » ; de Balzac ensuite, qui plus qu'aucun autre écrivain peu