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Cet article examine un fantasme que le travail du transfert fait émerger dans l'analyse de certains patients. Je suggérerai que le fantasme « un père est battu » joue un rôle important dans l'analyse de certains hommes en cela qu'il exprime la constitution de leur choix sexuel et de leur identification masculine ; c'est à travers la construction de ce fantasme dans les vicissitudes du transfert que ces patients sont capables d’élaborer symboliquement leur agressivité à l’égard de leur père et de trouver leur propre sens du temps dans la chaîne des générations.
« Au commencement était l'acte ! » C'est par ces mots que Freud conclut Totem et tabou, où il raconte l'histoire du père primitif, un tyran tout-puissant qui gardait toutes les femmes pour lui, et comment, un jour, les frères se groupèrent pour l'abattre et le dévorer, et mettre ainsi fin à son pouvoir. Le thème du meurtre du père est très présent dans les écrits de Freud qui oscille entre différents types d'interprétations, y voyant d'une part un événement réel qui s'est produit dans un passé lointain et a ensuite été refoulé, alors qu'il le considère d'autre part comme un mythe (Godelier, 1996). Un paradoxe apparaît ainsi : selon Freud, le meurtre du père est une condition nécessaire à la création de l'ordre social dans lequel tous les meurtres sont alors interdits. Le père ne doit toutefois être tué que métaphoriquement, car l’« élimination » du père est à l'origine de très nombreuses psychopathologies allant de la violence aux psychoses et aux perversions.