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Dans son avant-propos introductif, Marina Papageorgiou nous parle d'emblée des deux aspects de ce qu'elle pense être « la quintessence de l'amour », à savoir l'amour maternel. À l'excès du « philtre » (folie amoureuse faite d'un mélange d’érotisme et d'idéal narcissique), elle oppose le « filtre » nécessaire de la fonction pare-excitante maternelle, dont elle souligne la double présence contradictoire également chez le psychanalyste envers ses patients.
Pour Julia Kristeva aussi, c'est « la passion maternelle » qui constitue le prototype du lien amoureux, mais son équilibrage par l'inhibition de la pulsion quant au but est à son avis toujours instable, toujours susceptible de virer à l'exaltation maniaque ou à la dépression et à l'agressivité : « avec ses violences d'amour et de haine, la maternité ressemble à une analyse des états limites et des perversions ». Mais le plus souvent, dit-elle, il se produit chez la mère un « détachement/dépassionnement » sous l'effet d'une sublimation continue, dont elle compare les processus avec ceux du mot d'esprit, en ce que celui-ci est avant tout attentif au plaisir de pensée de l'autre. Mais elle conclut sur l'idée d'un clivage (et non d'une transformation progressive) de la passion maternelle entre folie d'emprise et sublimation. Christian Seulin nous rappelle les positions de Balint sur l'amour primaire, mais cette fois du côté du bébé, dont le besoin d’être aimé et gratifié développerait dès le début de la vie un amour d'objet passif, dont dériverait l'amour d'objet actif génital. Sans lien avec les zones érogènes, cet amour primaire (qui réfute le concept de narcissisme primaire) correspondrait à « une demande insatiable de gratification, une quête d'harmonie sans conflit, la recherche d'un état idéal de bien-être avec l'environnement » dont le modèle serait l’état du fœtus, conçu comme « mélange harmonieux par interpénétration », ce que l'amour adulte chercherait à retrouver dans le coït. Le but final de toute pulsion étan