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En quoi « Finir l'adolescence » concerne-t-il spécifiquement les psychanalystes ? On pensera d'abord à la clinique de l'adolescence, registre du comportement et des aménagements de cadre. Mais la psychanalyse sur divan semble aussi concernée par une difficulté à finir l'adolescence, dans certaines configurations psychiques pourtant apparemment adultes. Cela pose le problème des rapports entre, d'une part, la maturité psychique et son identification, la stabilité du fonctionnement mental et ce qui en est attendu, la capacité d'adaptation sociale espérée après la puberté, et d'autre part la souffrance psychique en rapport avec la vie amoureuse, intellectuelle, relationnelle dite adulte ; tous ces manques à être qui ne se suffisent pas d'être seulement rapportés aux attentes culturelles, sociales ou thérapeutiques de normalité. Différents registres de la théorie peuvent ici être convoqués, à commencer par la perspective développementale et structurelle, mais aussi la question des limites, de la stabilité ou de la fragilité narcissique, de l'équilibre pulsions-défenses, où doit venir s'articuler la problématique œdipienne. Les conséquences techniques et pratiques d'un dégagement à ce niveau d'une spécificité d'adolescence devront être également envisagées. On peut considérer sous l'angle du développement qu'il s'agit d'obtenir un achèvement de la transition post-pubertaire du fonctionnement psychique, dégagement maturatif à partir du diphasisme de la sexualité humaine, dont les paramètres psychanalytiques sont relativement définis ou définissables. L'intégration de l'après-coup allant de pair avec une nouvelle temporalité permet d'équilibrer la dimension de meurtre dans l'inconscient (Winnicott, 1975, p. 200) pour intégrer la différence des générations en même temps que la différence des sexes : pouvoir se représenter la mort et se confronter au vieillissement des parents. Ce renoncement œdipien assumé