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Björn Salomonsson, de Stockholm, pose la question « La sexualité infantile a-t-elle quelque chose à voir avec les nourrissons ? » (pp. 387-403) en écho au célèbre article de Green : « La sexualité a-t-elle quelque chose à voir avec la psychanalyse ? » (Green, 1996, pp. 829-848), où ce dernier demandait si l'analyse contemporaine n'oubliait pas la psychosexualité infantile. Salomonsson, lui, explore un paradoxe : si ce fondement reste un des piliers de l'analyse, pourquoi les analystes du nourrisson, eux, ne s'en soucient-ils que peu ? Et la sexualité a-t-elle quelque chose à voir avec le développement de l'infans (le tout petit) à proprement parler ? Certes Freud, Klein, Bion, Meltzer ont fondé leurs théories sur la vie psychique du nourrisson sur des extrapolations, et si Winnicott a pu être observationniste (par exemple : la spatule), il ne mentionne presque pas la sexualité infantile comme axe du psychisme du tout petit. Quant aux cliniciens de la relation mère-nourrisson (Palacio-Espasa, Cramer, Lebovici et Stoléru), s'ils mentionnent la sexualité c'est pour s'en référer à celle de la mère. Freud mentionna la sexualité infantile surtout à propos d'enfants en âge de parler (Hans) ou pour l'après-coup (L'Homme aux loups). Cependant, dans les Trois essais, il mentionnait que la sexualité était là d'emblée chez le nourrisson (voir le modèle du nourrisson béat après la tétée). La psychosexualité se voit aussi concurrencée par la notion d'attachement (Bowlby), qui correspond, en gros, à l'attachement tendre selon Freud, ancré dans l'instinct d'autopréservation. Chez Bowlby, toutefois, l'attachement ne fait aucune référence à la notion de pulsion, ni à une éventuelle composante érotique comme chez Freud. Parler d'une sexualité présente d'emblée chez le nourrisson paraît contre-intuitif ; alors que, chez la mère, cette sexualité est là dès le début. Il y a ainsi une asymétrie et un problème d'agenda de développement dans le temps de la sexualité du nourrisson. I