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Le colloque de 2012 célèbre le centenaire de Sur la dynamique du transfert. Avec le recul du temps, la lecture de ce texte est d'autant plus saisissante que, tout en y proclamant l'arraisonnement méthodologique du transfert, Freud fait entrevoir les contradictions cruciales qui viendront marquer, dans l'histoire de la psychanalyse, l'usage interprétatif du transfert. En soulignant que le thème du transfert est « difficilement épuisable », Freud se propose de « faire comprendre comment le transfert doit nécessairement se produire au cours d'une cure analytique et comment il parvient à tenir le rôle qu'on lui connaît dans le traitement ». Il s'agit donc, d'abord, d'inscrire la survenue des phénomènes dits transférentiels dans une détermination causale : ils sont des rééditions, plus ou moins fidèles, des inscriptions premières de nos façons d'aimer, on pourrait dire de nos premières relations d'objet. Il en découle que, dans le champ analytique, le terme de transfert couvre un double registre de sens : il désigne les mouvements affectifs ou pulsionnels du patient à l'égard du psychanalyste ; mais aussi la répétition par laquelle, selon une inférence déjà interprétative ou théorique, ces mouvements peuvent être rattachés à une situation du passé. Le terme conjoint, mais devra aussi disjoindre ces deux registres, en fonction d'une ambiguïté essentielle à sa consistance d'expérience vécue. Pour l'essentiel, le caractère inéluctable des manifestations de transfert vient de ce que leur contenu infantile, refoulé au cours du développement, constitue un retour du refoulé. En tant que formations de l'inconscient, elles sont « interprétables » et leur interprétation devrait coïncider avec la levée des refoulements. Mais, dans un premier temps, où cette levée passe par la seule association libre, le transfert se présente comme une résistance qui fait obstacle à la règle fondamentale, et s'oppose à la visée remémoratrice