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L'Annuel de l'APF 2012 nous offre sa sixième livraison. Dans une première partie, joliment intitulée « Le fil d'Œdipe », six contributions sont proposées. Elles rassemblent deux journées d'études – l'une sur le jeu, l'autre sur l'Œdipe. Une seconde partie publie un « Dossier » intitulé « Recherches sur l'histoire de la formation et de l'enseignement ». Je présenterai successivement l'une et l'autre partie.
Dans « Opposition au déclin du complexe d'Œdipe », Dominique Suchet propose deux thèses. La première est que le déclin du complexe d'Œdipe fait partie du complexe lui-même. Il lui est intrinsèque, obligé, de telle façon que la pathologie relève alors des résistances à ce déclin naturel. On se souviendra de la métaphore freudienne de la perte des dents de lait à propos du déclin de l'Œdipe. La seconde thèse, la plus originale, est que le déclin du complexe d'Œdipe connait, chez tout un chacun, deux voies. Une voie masculine : la voie claire selon laquelle la menace de castration conduit à la reconnaissance de la différence des sexes – soit une « décision », non pas une « perception ». Une voie féminine : la voie sombre dans laquelle l'arrangement que permet la fameuse équation « fèces-pénis-enfant » sursoit à la reconnaissance de la différence des sexes – soit un déni dans le refoulement. L'articulation contradictoire de ces deux voies relève d'une nécessaire bisexualité dans le destin du complexe d'Œdipe. Forte de ces deux thèses, argumentées avec précision, D. Suchet nous offre une clinique complexe et généreuse. Non pas une illustration de ses avancées théoriques. Beaucoup plus : une mise à l'épreuve contre-transférentielle de ces avancées. Les voies claire et sombre du déclin du complexe d'Œdipe se donnent à lire chez l'analyste d'abord. Voie claire des