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Si, ainsi que l'affirmait cet humoriste très prisé de Freud que fut Wilhelm Busch, « être père n'est pas difficile, le devenir l'est beaucoup plus », de ce point de vue l'homme et savant viennois sera servi, père qu'il fut de la petite Anna née en même temps que la psychanalyse , avec qui les relations seront quelque peu « complexes », mais père encore de cette science nouvelle dont la réception – en particulier en France – sera tout aussi complexe !
Aussi est-ce cette double dimension marquée du sceau de l'héritage et de sa transmission que la revue Topique entend explorer, en se consacrant à différents aspects de ces deux grandes figures de la psychanalyse que sont désormais Sigmund Freud et sa fille Anna.
Il est vrai qu'il n'est pas aisé d'être la « digne fille d'un immortel génie », comme la qualifie Jones90, son prétendant d'un soir que repoussera le père fondateur, et elle ne sera pas sans inquiéter son futur analyste de père, en particulier avec ce retrait dépressif marqué lors de son adolescence, ainsi que nous le rappelle Sophie de Mijolla-Mellor dans son Éditorial qui en brosse un portrait ramassé et essentiel. Aussi s'agira-t-il d'abord pour elle de se faire un prénom, et « ce n'est qu'avec l'âge et l'engagement dans un aspect de la psychanalyse relativement vierge à l'époque qu'elle trouvera son équilibre » (p. 6) : son intérêt pour les enfants et l'éducation.
C'est pourquoi l'on peut comprendre la cure menée par le père comme le « prolongement de l'action éducative qu'il s'était efforcé d'avoir avec cet enfant qui, dès le début, lui cause plus de souci que les autres en raison de