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En ouverture de ce numéro anniversaire du JAPA, puisque l'American Psychoanalytic Association a aujourd'hui cent ans, il est stimulant de lire l'annonce d'un nouveau prix annuel qui sera décerné à un auteur nouveau. Est considéré comme nouvel auteur quelqu'un qui n'a jamais publié dans le JAPA ni dans aucune autre revue de psychanalyse importante, et qui débute dans la carrière de psychanalyste. Apparemment cette adresse concerne tout un chacun, sans restriction d'école ou d'âge.
L'attaque de ce numéro (au sens musical du terme) se fait sur un texte de Lawrence Friedman présentant un personnage que l'on pourrait à maints égards qualifier d'iconoclaste : Charles Brenner, guère connu en France, mais qui semble avoir une influence grandissante dans certains milieux psychanalytique d'outre-Atlantique. Il est d'ailleurs significatif que le terme employé d'abord dans le texte pour qualifier « Charles Brenner : théoricien de la pratique » (a practitioner's theorist) soit celui d' « iconique ». Car cet auteur s'inscrit dans le courant de certains analystes américains qui se détournent de la théorie pour plusieurs raisons : « Les acrobaties intellectuelles, sentant l'élitisme, la pompe, l'autoritarisme et peut-être la décadence continentale, n'ont jamais été le sport favori de l'Amérique. » Le la est ainsi donné. Ces analystes déplorent que les complications théoriques affectent leur pratique. « Des théoriciens holistiques raffinés (sophisticated) manifestent leur inquiétude évidente de voir les complications théoriques s'ingérer dans l'honnête vision qu'un analyste a de son patient. »
Au début du XXe siècle, certains théoriciens ont cherché à peaufiner l'œuvre de Freud en élaborant les implications holistiques de son modèle « hybride », qui avait placé des structures différenciées dans le flux d'un