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« Je me réveille, j'ouvre les yeux au milieu d'un silence et d'une lumière que je ne connais pas, et de choses qui pour moi n'ont pas de sens […]. Quelle femme suis-je encore ? »
Le personnage de Se trouver, Donata Genzi, incarne-t-elle celle dont l'identité a vacillé ? Ne se décrit-elle pas et ne décrit-elle pas son univers comme dépersonnalisés ? La théorisation de la dépersonnalisation, bien présente dans la pensée analytique, convoque l'exil, celui d'un corps, d'une subjectivité, et par conséquent l'éclipse d'une identité, ou du moins d'une « conscience de soi ». Elle sous-tend aussi bien les avatars de l'expérience psychotique que les moments d'indétermination névrotique, ou encore les élations de l'expérience mystique, voire encore les soubresauts des conduites addictives, comme expériences chroniques, aiguës, ou récurrentes, de dépersonnalisation. Il se pourrait aussi qu'elle conditionne chez l'analyste, l'accès à tel ou tel contenu inconscient du patient (Michel de M'Uzan). Ce faisant, comment s'aménagent ces processus et comment supportent-ils une telle disparité ? De l'état transitoire à l'état permanent, quel(s) facteur(s) est (sont) en jeu ?
La longue hésitation de la psychiatrie quant à la caractérisation de la dépersonnalisation témoigne de l'aporie d'une clinique descriptive et rejoint les questions posées par les psychanalystes. Si le moi est avant tout un « moi corporel », « une entité corporelle, non seulement une entité toute en surface, mais une entité correspondant à une surface » (Freud, Le Moi et le Ça, 1923 b), comment caractériser les états cliniques dominés par un trouble affectant le caractère d' « unité » de l'ensemble des représentations qui composent cette « entité » ? Comment distinguer entre ce qui est d'un corps érogène, dont les troubles de la représentation et de la cohésion renvoient au traumatique du