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Par quelle singulière curiosité ai-je donc été saisi un matin quand, observant le reflet de mon visage dans un miroir, j'ai découvert, plantée au beau milieu de mon front, une petite aspérité inconnue de moi. Et comme chaque jour, voire plusieurs fois par jour, je suis amené à rencontrer ce visage, la veille encore, je peux l'affirmer, mon front était lisse, bref parfait. M'approchant davantage j'ai remarqué, en dépit de la buée déposée sur la glace, que l'aspérité en question était coiffée d'une croûte brunâtre, parfaitement intolérable puisque la peau du front se doit d'être toujours lisse et nette.
D'un coup d'ongle j'ai soulevé la croûte par l'un de ses bords, avant de l'ôter entièrement. Un peu de sang s'est mis à perler, puis une grosse goutte laquée est venue. Je l'ai tamponnée avec un morceau de coton, mettant ainsi à nu une zone rosâtre comme une muqueuse d'où un filet de sang s'est aussitôt échappé pour serpenter en direction de la racine du nez. J'ai donc accentué la pression du coton pour mettre un terme à l'écoulement fâcheux. L'opération, néanmoins, a dû être reprise plusieurs fois, tant la région frontale du visage est richement irriguée.
Le flux sanguin s'étant enfin tari, je me suis aperçu que l'aspérité avait fait place à une sorte de cratère parfaitement inadmissible, embarrassant de surcroît car alors je voyais mal comment redonner à ma peau ce caractère uni auquel j'ai toujours été attaché. Pareil souci est sans doute puéril, je l'admets, mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un front lisse et dégagé