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Sur l'heureuse suggestion de James Gammill, nous publions une nouvelle traduction du texte de Melanie Klein sur le sevrage (1936) que nous avons souhaitée très proche du texte anglais.
« Le sevrage » présente un caractère particulièrement original qui nous a décidés à le retraduire et le publier, d'autant plus qu'il n'est pas sans rapport avec la notion de personnalisation de Winnicott. Klein y parle beaucoup de la mère comme objet externe, ce qui contredit certains préjugés, ainsi ceux qui ne lui attribuent d'intérêt que pour l'objet interne ou encore son refus du trauma. On la voit s'adresser à cette mère dans une mise en garde de l'excès de frustration que pourrait entraîner un aménagement malheureux du sevrage qu'elle considère comme une pièce maîtresse dans le développement du bébé, et plus généralement du destin libidinal et psychique de l'être humain. S'appuyant sur l'analyse du fantasme proposée en 1934 par Susan Isaacs, Klein considère qu'à tout stimulus correspond un fantasme, y compris dans le psychisme rudimentaire de l'enfant. L'expérience du sevrage s'inscrira dans ce parcours.
Les conseils assez inattendus qu'elle suggère – y compris jusqu'à la sucette ! – ne sont pas sans rappeler certaines positions de Winnicott et témoignent de leur proximité dans leur manière de penser les soins à donner au bébé, dont certains très concrets, et à propos desquels elle pense qu'ils laisseront des traces, dès la naissance. Tout comme Winnicott, elle exclut ainsi toute manipulation mécanique du bébé, dans une grande attention à son