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En souvenir de J.-B. Pontalis33.
Il est précieux qu'une analyste nous introduise au mouvement de pensée que lui imposent son expérience clinique et sa spéculation métapsychologique : tel est bien ce que présente le dernier livre de Catherine Chabert qui, repartant de l'écoute de la souffrance masochiste et mélancolique, invite à questionner « par quelles forces les formes les plus contraignantes de la séduction narcissique (ou les pièges mélancoliques de l'amour) sont détournées de son emprise ». Et l'auteur précise :
« Je me suis d'abord laissée emporter par les excès narcissiques de la mélancolie, en y cherchant d'autres formes de la séduction et du masochisme, de l'activité et de la passivité. Pourtant, ce sont bien aussi les mouvements sexuels qui ordonnent ces configurations que j'ai tenté d'approcher. Depuis, je me suis attachée à une autre logique, celle de la différence, qui soutient et affirme au-delà de l'altérité, l'existence et la reconnaissance d'objets internes pris dans les réseaux de la sexualité, quels qu'en soient les registres » (Chabert, 2011, pp. 12-13).
Un dessaisissement donc, dans un parcours que l'on peut suivre chez le patient autant que chez l'analyste, un cheminement où le traitement psychique de la perte s'inscrit dans le retour à la chose sexuelle. Cet infléchissement était cependant déjà annoncé dans le précédent livre de Catherine Chabert Féminin mélancolique (2003) dont la lecture éclaire celui d'aujourd'hui. Ici, les textes