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Cet essai de François Richard, membre de la Société psychanalytique de Paris et professeur à l'université Paris VII Denis-Diderot, particulièrement attentif aux vécus des adolescents et aux processus de subjectivation, nous invite à penser les formes paradoxales de l'actuel malaise dans la culture. Cette préoccupation s'effectue en référence et par différence avec le moment où, à la veille de l'avènement du nazisme, Freud écrivit en 1929 Malaise dans la culture tandis qu'avaient lieu les discussions fécondes d'où devaient naître la « théorie critique » et la future École de Francfort (Adorno, Horkheimer, Fromm, Marcuse…) sensible, dans sa compréhension renouvelée des mécanismes de domination, à la participation du psychisme le plus subjectif aux phénomènes sociaux. Dans cette ligne, d'ailleurs, les psychanalystes peuvent trouver un grand fruit à la lecture de deux ouvrages de Georges Lukács (1885-1971) récemment édités en français, Prolégomènes à l'ontologie de l'être social (2009) et L'Ontologie de l'être social (2011).
« La psychanalyse est-elle aujourd'hui susceptible de contribuer à la compréhension du moment présent, historique et social, dans un dialogue » avec les autres disciplines (p. 9) ? Telle est la question cruciale à laquelle nous confronte François Richard dans un livre qui se veut un pas de plus pour rendre compte des articulations entre l'intrapsychique et l'intersubjectif, ouvrage à la fois théorique et clinique par ses références et ses exemples. Comme le dit Nathalie Zaltzman dans L'Esprit du mal (2007), le XXe siècle a connu une régression d'une autre nature que le simple conflit entre la communauté