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Un article « classique » de LaFarge (New York), éditrice de l'International Journal pour l'Amérique du Nord : « Du souvenir écran et de l'acte de remémoration (pp. 1249-1265) », revisite cette formation inconsciente, de nos jours à l'arrière-plan de la pratique, et qui la replace dans le champ de la représentabilité (les Botella sont souvent cités à ce sujet). Pour Freud, le souvenir-écran (SE) est une voie préférentielle de reconstruction : mélange de strates et épisodes du passé en une image claire, aux contours tranchés, vécue dans une unité de lieu et de temps, il est décrit par un patient qui s'y voit lui-même de l'extérieur et contient des éléments essentiels de son histoire psychique. Après Freud, Greenacre creusa le concep mais, par la suite, on s'y consacra moins. La reconstruction perdait de son lustre : d'une focalisation sur le traumatisme, on passait à la réalité psychique. Et l' « ici et maintenant » faisait que seul le passé revécu dans le transfert était réputé exploitable. De plus, le SE est un édifice « à une personne » et l'analyse contemporaine porte plus sur le « champ interpsychique » incluant les subjectivités du patient et de l'analyste. Ce dernier contient le psychisme du patient dans le sien et les formations inchoatives du premier s'y révèlent. C'est là, dit LaFarge, que des considérations actuelles peuvent renouveler l'intérêt pour un SE conçu comme figurabilité défensive contre un affect qui risque de le déborder. Le SE est ainsi à la fois contenu (version ancienne du SE) et processus mémoriel particulier (version renouvelée). Se voir soi-même dans le SE rétablit un surmoi, non pas jugeant, mais témoin, qui donne enfin sens à la scène visualisée. Le premier exemple clinique de LaFarge est un souvenir écran de Henry James (mis en