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Pour la psychanalyse, l'œuvre d'art s'offre comme source énigmatique de réflexion ouvrant sur la question de la sublimation. Toutefois, le lien entre création et sublimation n'est pas simple. C'est du moins ce que montre Murielle Gagnebin dans son ouvrage En deçà de la sublimation. L'Ego alter.
Sa réflexion s'est élaborée sur le lien entre deux rives. Celle de la clinique telle qu'on l'observe dans la cure d'une part, mais aussi celle des différents arts : plastiques, littéraires, cinématographiques. Dans le registre de la peinture son travail s'appuie notamment sur une analyse particulièrement fine et profonde de certains créateurs surréalistes tels qu'André Masson, Max Ernst, Victor Brauner, mais aussi sur le travail de Lucian Freud ou de Frida Kahlo. S'agissant de littérature, l'empan de ses choix est singulièrement vaste. Elle prend appui sur l'œuvre de Samuel Beckett tout autant que sur celle d'Henri Frédéric Amiel, de Jean-Jacques Rousseau, ou encore d'Antonin Artaud, de Robert Walser, de Louis-René Des Forêts, de Roland Barthes et d'Yves Bonnefoy. Quant au cinéma et à la vidéo, c'est chez Theo Angelopoulos, Andreï Tarkovski, Alexandre Sokourov et Éric Rondepierre qu'elle trouve l'aliment de sa théorisation. Comme on le voit, ses sources réflexives sont nourries, diverses et riches. Et c'est le lien entre le travail de l'artiste et celui de l'analysant et de l'analyste qui est au cœur de sa réflexion.
Quoi de commun, par exemple, dans le travail qui se déploie chez les artistes dont on vient de citer les noms ? Plusieurs dimensions, à la fois décisives et comme en écho avec le travail de la cure. Pour Murielle Gagnebin, en