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« Ce que la littérature doit à notre enfance », titrait récemment l'article d'un quotidien français, faisant ainsi écho à un chapitre de The Psychoanalytic Study of the Child qui expose, en effet, l'importance que les lectures du jeune âge prennent, les années passant, pour l'ancien enfant qui sommeille toujours dans l'adulte. Ce sont les histoires présentant des héros et des héroïnes à la période de latence qui sont les préférées des lecteurs de littérature enfantine. Et les adultes se remémorent toujours avec délice ce qu'ils ont lu ou ce qu'on leur a lu pendant leur petite enfance.
À part Alice au pays des merveilles, Peter Pan et quelques autres encore, les titres ne sont pas les mêmes pour les lecteurs d'ici, d'outre-Manche ou d'outre-Atlantique, et d'ailleurs on peut s'étonner que dans ce texte les contes de Perrault ne figurent pas au palmarès !
C'est Kate Friedlander qui fut l'une des premières à s'intéresser aux thèmes récurrents de la fiction pour les enfants en période de latence. Parents perdus, parents absents sont bien enracinés dans le fantasme du roman familial dont, dit-elle, « la spécificité se trouve dans le désir de séparation, reflétant l'ambivalence croissante de l'enfant ainsi que sa déception à l'égard de ses parents ». Pour Kris, la période du milieu de l'enfance est conçue comme un moment où le conflit diverge : le dilemme de l'enfant se centre autour des tensions entre progression et régression. Un désir d'indépendance coexiste avec un désir de retour vers ce qui doit être abandonné sur le chemin du nouveau.
Ce serait une erreur de voir l'essence du plaisir que l'on prend à ces lectures dans le succès des héros et des héroïnes, car il est des histoires qui montrent des situations tout à l'opposé, comme par exemple The Story of my Dovecote d'Isaac Babel. « Nous dirions plutôt que le plaisir est dans le sens de