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« Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers-le pour le posséder. »
Freud aimait citer ce propos de Méphisto du Faust de Goethe, l'un de ses auteurs préférés. Goethe écrivait également : « Dans ce sens, je n'ai été le maître de personne. Mais si je dois dire ce que j'ai été pour les Allemands en général, et particulièrement pour les jeunes poètes, j'oserai me nommer le libérateur » (Gomez Mango, Pontalis, 2012, p. 87). Freud ne pouvait que faire siennes ces affirmations, se situant ainsi dans l'héritage de l'Aufklärung et du compromis qu'il représente entre une remise en question de la tradition, au nom de l'émancipation du sujet, et une fidélité aux idéaux des « Humanités », conférant au genre humain un statut supérieur à la nature, associée à la considération envers ceux qui sont parvenus à se rendre maîtres de leur dépendance originaire en la dominant. Ce compromis est-il en voie d'être dépassé aujourd'hui, alors que la revendication de l'individu, dans son mouvement d'affranchissement du groupe et de sa mentalité, « privilégie l'authenticité et la spontanéité, au nom de l'aspiration à être soi-même » (Gauchet, 2008) ? Que pourrait nous dire, dans cette perspective, la psychanalyse contemporaine de ce moment de vacillement ?
Il paraît plus que nécessaire de reconnaître à la notion de transmission la place qui lui revient dans la théorie analytique, et dans laquelle la notion d'héritage vient en premier lieu, que l'on interroge la phylogenèse, le trans-générationnel, ou plus modestement le destin particulier du sujet, car l'histoire de l'individu comme celle de l'humanité apparaît comme une longue succession de transmissions.
Accordant à la culture la primauté de l'héritage symbolique, Freud a voulu la placer sous l'égide de la fonction paternelle. Devons-nous situer les hypothèses phylogénétiques freudiennes dans la catégorie d'un fantasme de