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« Apprendre à chevaucher : avancées et reculs d'un traitement et d'un cadre analytique », d'Adriana Yankelevich, de Buenos Aires nous donne (pp. 87-97) de larges passages verbatim d'une cure menée auprès d'une patiente difficile. Son histoire précoce, faite de traumatismes (en particulier sa vie auprès d'un père psychotique, alcoolique et violent) et de carences affectives (elle était transparente aux yeux de sa mère) a débouché sur un sentiment de solitude et de manque de plaisir à vivre. Lorsqu'elle vient voir A. Yankelevich, elle a déjà fait plusieurs années de traitement auprès d'une autre analyste qui n'a pas réussi à l'aider : la patiente se qualifie d'ailleurs elle-même de cas « impossible ». Acting outer, elle vient régulièrement pendant huit mois puis, du jour au lendemain, « vire » A. Yankelevich, à qui, arrogante, elle signifie son manque d'efficacité professionnelle et son congé. Elle a alors une liaison avec une femme plus âgée qu'elle, elle conçoit un enfant par insémination artificielle, est abandonnée par sa compagne… et revient alors sur le divan de A. Yankelevich. Sa cure est à quatre séances par semaine, puis elle exige de passer à trois, puis revient à quatre séances. Le texte suit ces péripéties, explore ces points techniques in vivo. Mais aussi, à lire cet auteur du Río de la Plata, un analyste français notera plusieurs différences et rapprochements avec ses propres modalités techniques :
La longueur des interventions : là où notre surmoi groupal nous incite à viser l'interprétation rare, condensée, qui touche juste le processus primaire en utilisant un langage condensé, l'analyste argentine semble,
elle, ne pas se préoccuper de parcimonie verbale… et parle autant que sa patiente. Exemple (p. 89) :
P/ Je suis surchargée. J'ai cette nouvelle secrétaire et elle est totalement inutile. On ne peut rien lui demander; je ne peux pas compter sur elle.
A/ Vous comptez, recomptez et vous n'avez que trois séances et ce n'est pas assez [on vient de pas