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« Les souvenirs désagréables continuent à vibrer quelque part dans le corps » écrit Ferenczi dans une note du 26.12.193253. Cette pensée clinique semble condenser, dans sa formulation comme dans son contenu, son parcours théorique touchant au statut du souvenir, à sa conception du traumatisme qui peut ainsi continuer à vibrer hors champ des représentations et des conditions que requiert une telle écoute. Il y a une pensée, un style et un homme au destin singulier qui se confond avec l'histoire des débuts de la psychanalyse. L'ensemble des articles de ce numéro qui lui est donc entièrement consacré revisite de manière complète toute la théorisation de Ferenczi, depuis l'introjection jusqu'à la confusion de langues, et illustre la pertinence de ce choix pour la psychosomatique. Un ouvrage collectif paru en 1994 s'intitulait déjà : « Ferenczi, patient et analyste54 », le travail des différents auteurs de cette revue s'organise, comme souvent lorsqu'il s'agit de Ferenczi, selon ces deux versants, le théoricien et ici le patient somatisant.
Marina Papageorgiou, ouvre le numéro par un hommage à André Green, décédé en janvier 2012 et témoigne de son dialogue continu avec les psychosomaticiens de l'Ipso. L'auteur fait référence aux nombreux textes d'A. Green publiés dans la Revue, dont « Mythe et réalité du processus psychanalytique » et « Maladie de l'autodestructivité ». Elle nous en offre de longs extraits, recentrés sur des points fondamentaux de la pensée d'André Green en laissant se déployer ainsi la beauté de son écriture.