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Dans Le trouble de penser, numéro de la Nouvelle Revue de psychanalyse où Jean-Luc Donnet publiait, en 1982, « Le psychophobe », Vincent Descombes cite ce propos d'un héros de Marcel Aymé, tombé amoureux : « je ne sais pas ce que j'ai, mais je pense tout le temps ». Amoureux ou pas, pense-t-on tout le temps quand on existe ? Pense-t-on comme on respire ?
Penser peut prendre de nombreux sens, mais il s'agit toujours d'une activité mentale, qu'elle paraisse spontanée ou requière un effort particulier et soit alors comme le témoignage de la raison et de la liberté humaines. Aussi, le psychanalyste est-il confronté aux difficultés à penser, à l'inhibition, par exemple quand la pensée est contaminée, excitée par la proximité de la pulsion : on ne pense qu'à ça. Toute théorie est d'abord sexuelle et l'investigation de l'enfant commence par la confrontation avec l'énigme des origines.
Les psychophobies désignent ces phobies qui font de la pensée et du fonctionnement psychique un objet de crainte, une activité à éviter. Banales et passagères ou particulièrement invalidantes, elles constituent un défi - ou au moins un paradoxe - pour le psychanalyste dont la méthode repose sur la liberté de la pensée.
Le colloque René-Diatkine, organisé par Paul Denis, qui s'est tenu à Deauville les 5 et 6 octobre 2013, portait sur les psychophobies. Aux trois intervenants travaillant dans des champs différents (névrose, psychose, psychosomatique) - Evelyne Chauvet, Vassilis Kapsambelis, Marilia Aisenstein -, s'ajoutent dans ce numéro de la Rfp des contributions issues directement d'interventions au colloque, ainsi que d'autres plus indirectes. Et Jean-Luc Donnet revient après-coup sur « son » psychophobe qui a nourri les débats.
Un autre regard sur la clinique des psychoses et l'organisation de leur champ est également proposé dans ce numéro. Il s'agit d'une recherche menée à bien par des psychiatres-psychanalystes de l'Association de Santé Mentale du 13e arrondissement de Paris.
Enfin, nous avo