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Victor Souffir, Serge Gauthier et Bernard Odier, psychiatres-psychanalystes de l'Association de Santé Mentale du 13e arrondissement de Paris, ont eu l'ambition d'actualiser la clinique des psychoses. Ils ont lancé, il y a une vingtaine d'années, une recherche clinique originale qui les a conduit à sa réorganisation. Partant de trois savoirs, psychiatrie classique, psychiatrie de secteur et psychanalyse, ils font apparaître des structures psychopathologiques qui rassemblent la sémiologie psychotique autrement. Leurs résultats, publiés en 2011 aux éditions Dunod dans Évaluer les psychoses avec la Cop 13, mettent en forme une clinique actuelle aux fondements renouvelés et ancrés dans la pratique qui tient compte du moment évolutif.
Nous, psychanalystes, observons rarement les patients dont ils nous entretiennent, pourtant leur recherche concerne les psychanalystes à plus d'un titre :
En tant que clinicien : les pathologies psychotiques représentent une énigme pour la théorie et leur formidable énergie négative en fait une gageure pour la pratique psychothérapeutique.
En tant que représentant et défenseur d'une discipline qui, depuis une vingtaine d'années, a vu son influence largement reculer dans les milieux psychiatriques.
En tant que groupe de professionnels qui cherche, dans les institutions, à résister à l'extension du cognitivo-comportementalisme, à la politique des DSM, à l'emprise extensive des bureaucraties qui abâtardissent et asphyxient la pensée clinique.
Inscrite dans la tradition de la clinique psychiatrique inspirée par la psychanalyse, leur recherche témoigne de ce qu'ils doivent à la compréhension