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Le caractère, en soi, n'est pas un concept psychanalytique. Il apparaît cependant, tout au long des écrits freudiens, dans des moments où la cli- nique impose à l'élaboration théorique une butée qu'elle cherche à surmonter. « Cette chose difficilement définissable », comme l'écrit Freud en 1933 dans les Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse, semble marquer une limite au travail de la cure comme à la compréhension métapsychologique du fonctionnement psychique.
On le voit chez Freud, comme dans les années 1920 où les déceptions que suscite le processus analytique classique interrogent : Ferenczi cherche du côté de la compulsion transférentielle, W. Reich s'attaque de front à la « résistance caractérielle », inventant des révisions techniques et théoriques pour lancer l'offensive contre la « cuirasse caractérielle ». Plus tard, l'inanalysabilité du caractère sera affirmée comme une prescription, devant les risques de dépression, de désorganisation, voire de somatisation… Le caractère en tant que résistance, les traits de caractère en tant que défenses font partie de ces aiguillons qui forcent à l'élaboration, poussent à les penser pour les surmonter.
Nul doute que la notion, de ce fait, ne stimule la curiosité, l'interrogation et la recherche ! Alors, si le caractère se présente toujours comme un défi à l'analyste, à la fois armure et armature du moi, on peut se demander comment la psychanalyse contemporaine voit, comprend, intègre aujourd'hui cette donnée.
Freud, récusant l'assimilation du caractère à la notion de personnalité, cette « psychologie des surfaces » (Lettre à Jung du 28/08/1907), va s'atteler à une élaboration des conditions de sa formation et de sa fonction même dans l'organisation psychique.