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Paul Denis nous invite à une promenade au cœur même de la psychanalyse dans ce livre qui reprend certains articles et montre la constance de son intérêt pour la problématique du transfert et du contre-transfert. C'est pour lui l'occasion de souligner des axes qui lui sont chers et s'y articulent : l'importance de l'organisation névrotique du psychisme humain dans sa conflictualité sexuelle, et de la dimension narcissique et du registre passionnel qui s'y déploie. Il privilégie la défense des fondamentaux de la psychanalyse et de l'apport freudien contre leurs dérives tout en étant résolument moderne dans l'acception de la notion de contre-transfert. Remise à l'honneur de la phobie, réflexion sur le silence de l'analyste, place du transfert latéral, transfert négatif et contre-transfert négatif, ce sont les deux protagonistes de la cure qui sont ici convoqués et l'analyste est interrogé sur son déni du temps et de ses limites. Une réflexion éthique en découle logiquement.
Le livre s'ouvre par la remarque du caractère très précisément discriminant du contre-transfert entre les théorisations freudienne et lacanienne. Alors que pour Nacht « ce n'est pas tant ce que l'analyste dit ou fait » qui compte, « mais ce qu'il est », pour Lacan « …ce qu'il y a de certain, c'est que les sentiments de l'analyste n'ont qu'une place possible dans ce jeu [le jeu de l'analyse], celle du mort; et qu'à le ranimer, le jeu se poursuive sans qu'on sache qui le conduit », écrit-il dans La direction de la cure et les principes de son pouvoir (1961). Il ne s'agit donc pas d'une accusation de trahison par l'un des courants, réfutée avec véhémence par l'autre : il y a accord sur le désaccord. Jacques-Alain