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« Façons de tuer son père et d'épouser sa mère quand on est l'enfant d'un couple homoparental » : telle est l'énigme du vingt-quatrième volume de la revue Penser/rêver, astucieusement posée par son titre, tant aux auteurs qui y ont contribué qu'à ses lecteurs potentiels. Car il s'agit bien d'une énigme. Pourquoi le père concentre-t-il l'objet du meurtre ? Pourquoi est-ce la mère qu'on épouse ? Les façons de tuer et d'épouser se conjuguent-elles différemment selon qu'on est l'enfant d'un couple ou d'un autre ? Est-il bien assuré d'ailleurs que l'enfant soit l'enfant d'un couple parental, homoparental ou non ? Mais surtout, en quoi l'exercice de la psychanalyse fonde-t-il toutes ces questions ? En quoi, autrement dit, le fameux complexe d'Œdipe contribue-t-il à reconduire l'énigme que la culture tend à éteindre à force de banalisation ?
Voici le chemin que je propose au lecteur. Il lira d'abord avec profit, en tête du volume, l'extrait d'une nouvelle de François Bégaudeau intitulée « Après la neige ». Il s'y trouvera peut-être guéri, s'il ne l'était déjà, du cliché ou du mal voulant que l'étrange désir d'enfant se dégrade, selon une décadence venant peser sur les temps qui courent, « en besoin de », et en « droit à » l'enfant. Il y retrouvera, au fil du récit, ce qui « lie inséparablement le désir et la loi » (Laplanche et Pontalis, cité dans ce numéro par Caroline Thompson). Touché et raffermi par ce beau récit, le lecteur sera inspiré de poursuivre sa lecture par l'article de Joseph Ludin, apparemment hors thème, venant en fin de volume sous la rubrique intitulée « Controverse » : « Le sentiment intime d'une même construction psychique ». La question posée est grave : la culture aura-t-elle raison des prétentions de la psychanalyse à assurer, via une pratique du transfert, la transmission et la conquête d'une liberté ? Car nous appartiendrions à la première génération, à l'échelle de l'histoire, qui n'aurait même