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La revue s'ouvre sur un article historique de Michel Fain et Pierre Marty « À propos du narcissisme et de sa genèse » datant de 1965, où les auteurs traitent avec humour de ce que leur présence suscite dans le groupe des psychanalystes : « un arrière-goût de corps étranger ». Car les manifestations somatiques représentaient à ce moment une véritable offense au narcissisme des psychanalystes, dans leur culte de l'inconscient. On mesure aujourd'hui, l'avancée de la recherche en psychosomatique et de quelle manière les liens se sont enrichis réciproquement dans la clinique contemporaine.
Justement, dans son intitulé la revue utilise « et », conjonction de coordination pour relier psychose et somatose, conjonction qui selon le Littré sert à lier ensemble les parties semblables du discours, mais comme des ensembles distincts et différenciés. Fait d'autant plus remarquable que la journée scientifique de l'Ipso de Juin 2012 portant sur ce thème posait le questionnement dans une formulation différente : « Psychose, somatose… et entre les deux. ». Cet intitulé posait ainsi un vaste territoire, un continuum, dit Alain Gibeault, dans lequel Michel de M'Uzan se place quant à lui « Sur les frontières », en faveur du nulle part et du partout. L'origine de ce néologisme qu'est le terme somatose n'est pas rappelée dans ce numéro. Somatose est construit dans un rapport de similarité avec la psychose, et renvoie à l'accent mis par Pierre Marty et les somaticiens sur une organisation psychique en ce qu'elle sous-tend des manifestations psychosomatiques.
Les différents articles du numéro font travailler cette confrontation, selon les multiples modalités que nous présente la clinique, et conçoivent le délire et la maladie comme deux destins de l'excitation. Mais selon quelle dyna- mique ? S'agit-il de deux équivalents, ou de deux versants inconciliables,