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Ce numéro de la revue Adolescence nous apparaît particulièrement réussi en ce que, ainsi qu'il y parvient parfois, il propose l'essentiel de ses textes sur le thème annoncé, thème par ailleurs passionnant dans son rapport avec l'adolescence. L'intitulé choisi, et développé dans l'introduction d'Odile Falque et Anne Tassel, « Idéal versus idole », oriente la réflexion vers l'un des enjeux essentiels de la question : l'idéalisation peut-elle aider la croissance psychique, ou risque-t-elle au contraire de favoriser l'aliénation ? Enjeu posé par Freud lui-même, ainsi que Dominique Bourdin nous permet de nous le rappeler par son texte « Note sur le vocabulaire de l'idéal en psychanalyse ».
Nous avons donc choisi de centrer notre recension sur la présentation de trois textes qui développent selon nous de manière particulièrement réussie cette interrogation.
Dans son texte, « Fin du religieux et idéalité adolescente », Jacques Arènes nous propose son analyse des manifestations de religiosité adolescente contemporaine, en particulier sous leur forme fondamentaliste mais pas uniquement, en relation avec le contexte culturel. De ce dernier, il souligne avec force le « déficit de portance psychique » qui, selon lui, le caractérise, et qui « entraîne le sujet adolescent à créer par lui-même des rites de subjectivation ». « Le “schéma” subjectivant d'une internalisation de l'idéal peut-il alors se développer heureusement dans notre contexte où l'objet religieux, et ceux qui sont censés le représenter, sont en défaut de transmission, et de portance ? » Ce défaut de portance, qui se manifeste dans le pluralisme des valeurs, contraint le sujet à une « autodéfinition », un « auto-engendrement », une « création autarcique de sens ». L'auteur y voit la source d'un danger redoutable de destructivité, parlant d'« idéalité mortifère », dont l'une des figures exemplaires est le