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Quoique nos affirmations soient fausses nous ne les garantissons pas.
Si l'humour de Satie se joue du « paradoxe du menteur », c'est bien la philosophie qui a posé le problème avec Épiménide le crétois (VIIe siècle av. J.-C.), et Eulibe de Milet (IVe siècle av. J.-C.). Depuis, la logique, grâce à la distinction logique et métalogique posée par Tarski, rend impossible la formulation même du paradoxe dans les systèmes formels. Ce qui n'est pas sans conséquence pour une appréhension psychanalytique de la symptomatologie, voire de la pathologie du mensonge, interface de la problématique de la vérité.
La psychanalyse, toutefois, en découvrant l'existence de la pensée inconsciente et de la réalité psychique a déplacé le problème, exilant de la réalité objectivable le mensonge qui concerne alors aussi le « for intérieur » (Neyraut, 2011, 2013).
C'est ainsi que le premier mensonge, le « proton pseudos » hystérique (1895), Freud le doit à la jeune Emma. Mensonge interne, il échappe à la conscience, eu égard à la réalité externe du déroulement historique des faits; il met en évidence un moi asservi à la pression pulsionnelle, organisant sa défense : le refoulement de la représentation du traumatisme passé ne laisse au moi, soumis après-coup à une charge d'excitation sexuelle actuelle réactivant le noyau traumatique, que la voie du « mensonge », soit de la construction d'un symptôme, donc d'un sens créant de fausses liaisons, mais articulées symboliquement. Le mensonge d'Emma signe l'existence de la réalité psychique, la conscience que le sujet en a, mais aussi sa méconnaissance… Il ouvre la voie à la métapsychologie du fonctionnement mental que Freud s'apprête à élaborer.