You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le Psychanalyste apathique et le patient postmoderne : sous ce titre d'abord énigmatique, Laurence Kahn développe en guère plus de cent pages ce qui fut tout d'abord un article publié dans la revue penser/rêver sous le titre « La solution consensuelle » (Kahn, 2012). La reprise approfondie des questions soulevées ainsi que leur montage articulé confèrent à ce petit livre la portée d'un véritable dévoilement quant à la gravité des enjeux analytiques qu'il aborde : ceux découlant du tournant dit postmoderne, principalement à l’œuvre dans la psychanalyse nord-américaine. Pour soutenir la gageure d'un examen critique aussi ramassé, Laurence Kahn dispose de trois atouts : d'abord l'aisance conceptuelle que lui vaut sa culture d'historienne, de philosophe, et d’épistémologue; elle lui permet d’évoquer, de manière suggestive, les craintes anciennes et prémonitoires d'Adorno concernant la menace d’édulcoration des concepts freudiens; de discuter en connaissance de cause les critiques à Freud émanant des épistémologues des sciences ou du positivisme logique (Wittgenstein); de situer la caution apportée par Ricoeur à une « herméneutique du soi », comme à l'identité narrative; et surtout, d’être en mesure de clarifier les confusions et approximations qui marquent les emprunts du mouvement postmoderne aux auteurs de la « french philosophy »: Foucault, Derrida, et Lyotard, l'auteur de La Condition postmoderne. Laurence Kahn s'appuie, ensuite, sur une lecture à la fois littérale - elle est