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Paru chez Karnac en 2013, le livre de Manuella Utrilla Robles est un petit chef-d’œuvre d'audace et témoigne d'une liberté de pensée rare.
Ancienne présidente de la Société de Madrid, représentante de l'Europe au Conseil de l'Association Psychanalytique Internationale, Manuella Utrilla est aussi psychanalyste d'enfants et spécialiste de l'analyse des groupes.
Cela explique sans doute l'acuité du regard qu'elle porte sur les Sociétés d'analyse. Elle montre la vulnérabilité de ces institutions où contrairement à l'esprit de l'analyse peuvent régner l'intolérance, le fanatisme sous toutes ses formes et ce que l'auteur nomme « le terrorisme intellectuel ».
Les petites sociétés sont plus fragiles que les autres, les difficultés et les conflits initiaux sont de plus transmis d'une génération à l'autre.
Pour avoir dirigé le Comité des Nouveaux Groupes de l'API je ne peux que confirmer que, soumis à la compulsion de répétition, loin de s'apaiser avec le temps, des conflits fondamentaux ont tendance à se répéter inlassablement et à se transmettre d'une génération de psychanalystes à la suivante.
Manuella Utrilla nous offre une étude lucide et courageuse des destins de l'idéalisation comme de la soumission consécutive.